Les Très Honorable Gen HDG Crerar PC, CH, CD, DSO, CD (1888-1965)

L’un des plus grands commandants en temps de guerre, le général Crerar est né et a fait ses études à Hamilton en Ontario. Diplômé du Collège Militaire royal (RMC) en 1909, il occupe un poste auprès de la Ontario Hydro-Electric Commission à Toronto.

Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, il est lieutenant de la 4e Batterie de la 2e Brigade de la milice active non permanente, à Toronto. Il rejoint immédiatement la 1ère Division du Canada et traverse l’Atlantique avec le 1er contingent. Il sert en France, d’abord auprès de la 3e Brigade d’artillerie de campagne, puis comme major de brigade de la 5e Division d’artillerie canadienne. Chef de file reconnu dans le développement de l’artillerie moderne, il conçoit vers la fin de la guerre le plus large, le plus compliqué et le plus réussi barrage rampant. Ce barrage de trois jours au Canal du Nord interrompt la dernière avance des troupes allemandes et est considéré comme une brillante utilisation de l’artillerie. Il est récompensé, pour ce travail, de l’Ordre du service distingué. En octobre 1918, il est promu lieutenant-colonel.

Après la guerre, il reste dans l’Armée et est nommé à l’état-major général à Ottawa. Après avoir suivi le cours d’état-major au Collège d’état-major britannique, il retourne à Kingston comme professeur de tactique au Collège militaire royal (RMC). Il représente le Canada à la conférence sur le désarmement à Genève en 1932 et à la conférence impériale de Londres de 1937. Il est promu colonel en 1935 et nommé commandant du Collège militaire royal (RMC).

Immédiatement après la déclaration de la guerre en 1939, il est promu et envoyé en Grande-Bretagne pour préparer l’arrivée des troupes canadiennes. En juillet de l’année suivante, il retourne à Ottawa comme major-général et chef de l’état-major général. En 1941, il est promu lieutenant-général.

Vers la fin de 1941, il retourne en Angleterre et, afin de commander la 2e Division du Canada, revient au grade de major-général. À son arrivée, il est temporairement commandant du corps d’armée et est immédiatement promu lieutenant-général pour la deuxième fois. En avril 1942, il reçoit le commandement permanent du 1er Corps du Canada.

«Uncle Harry», comme l’appelle affectueusement son personnel supérieur d’état-major, exerce le commandement de la 1ère Armée canadienne le 20 mars 1944, moins de trois mois avant l’assaut allié en Normandie. En août, après la chute de Caen et alors que la bataille de Falaise est en cours, Crerar est en campagne et commande les troupes canadiennes. Outre trois divisions du Canada (la 2e, la 3e et la 4e), la 1ère Division blindée polonaise, la 49e Division (West Riding) et la 51e Division (Highland) de la Grande-Bretagne restent avec lui presque jusqu’à la fin des hostilités. Pendant ses campagnes, des éléments des forces américaines, belges, tchèques, hollandaises et françaises s’étaient joints à son armée; Crerar était habile à tirer le meilleur parti de forces si radicalement différentes.

Après que les Canadiens eurent enfoncé le saillant de Caen, le général Crerar dirige l’une des plus importantes batailles de la guerre : il lance ses troupes sur Falaise et ferme la brèche de Trun. Une poursuite à travers la France et la Belgique s’ensuit, du Havre à l’estuaire de l’Escaut et à Anvers. L’étendue de ce front l’oblige à passer beaucoup de temps à bord de son avion, visitant tour à tour les divisions britanniques pilonnant le Havre, la 3e Division canadienne attaquant Boulogne et Calais, la 4e Division canadienne à Bruges et Ostende, les Polonais à Terneuzen, les Américains près de Turnhout et la 2e Division canadienne à Anvers. C’est en soi tout un exploit.

Après les dures batailles du canal Léopold, de la poche de Breskens et de l’île Walcheren, il conduit son armée au saillant de Nimègue pour préparer l’assaut décisif sur l’Allemagne.

En février, il lance son armée contre le flanc nord de la ligne Siegfried, prélude des grandes batailles victorieuses des forêts de Reichwald et de Hochwald, préparant ainsi le terrain pour les attaques britanniques et américaines de la Ruhr et des plaines du nord de l’Allemagne.

Avec l’aide du 1er Corps canadien venu d’Italie, le général Crerar lance ses troupes à travers l’ouest et le nord de la Hollande vers le nord-ouest de l’Allemagne. C’est là que s’achève la guerre pour la 1ère Armée canadienne de Crerar. Le roi gratifie le général Crerar de l’Ordre des Compagnons d’honneur.

Le général Crerar fut le premier canadien à obtenir le grade de général alors qu’il était en service actif au front. La contribution de la 1ère Armée canadienne et des forces de nombreux pays qui s’y joignirent fut immense. Leurs victoires ont grandement facilité l’avance des Alliés en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Le général Crerar s’est retiré en 1946 après avoir servi le Canada pendant plus de 35 ans. Sa carrière couvre deux guerres mondiales et il a été décoré par la France, la Belgique, les États-Unis, la Pologne et les Pays-Bas.

L’un des chefs militaires les plus remarquables du Canada, le général Crerar est décédé à Ottawa en 1965.